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Louis Vuitton : comment Jean-Michel Othoniel a-t-il conçu son sac Artycapucines ?

Pour la collection en édition ultralimitée "Artycapucines", six grands artistes contemporains réinterprètent le sac à main iconique de Louis Vuitton. Plein phare sur le modèle imaginé par Jean-Michel Othoniel.
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© Louis Vuitton

Connu pour ses sculptures aux formes foisonnantes, Jean-Michel Othoniel poétise et réenchante le monde avec ses œuvres monumentales et raffinées, composées de perles de verre aux lignes sinueuses. Aujourd’hui, c’est sous la griffe Louis Vuitton qu’il imagine sa version de l’incontournable sac Capucines... 

Mêlant les célèbres sculptures en perles de verre de l'artiste français à l’esprit espiègle d’un sac de plage d’inspiration tropézienne, le modèle Artycapucines de Jean-Michel Othoniel conjugue grâce et joie de vivre. Fidèle au parti pris du créateur, l’élégant tissage réalisé en raphia, entièrement façonné à la main, met à l’honneur les nœuds unissant ses innombrables fibres. Exempt de tout traitement, le matériau révèle la délicatesse de ses nuances chromatiques. Le bord supérieur du sac se pare d’une décoration brodée à la main et façonnée dans une variété́ de satin de soie noir aux allures de boa, référence empruntée à l’univers de la haute couture. L’anse du sac se compose d’imposantes perles de résine noire évoquant les célèbres œuvres monumentales de l'artiste, tel Le Kiosque des Noctambules qui décore l’entrée d’une station de métro parisienne. Pour cette variation du sac Capucines, Jean-Michel Othoniel utilise les mêmes techniques décoratives que celles de ses emblématiques sphères de verre. À l’instar d’une sculpture portative exclusive de l’artiste, un fascinant charm composé de trois perles de résine parachève cette exceptionnelle création doublée de satin bleu. Rencontre avec le créateur qui a reçu les faveurs de Louis Vuitton

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© Louis Vuitton

Qui ou quel événement vous a convaincu d’entamer un parcours artistique ?

J’ai grandi à Saint-Étienne. Il n’y avait pas de véritable vie culturelle en dehors du musée local. À l'époque, des œuvres d’artistes minimalistes américains y étaient exposées, comme celles de Donald Judd et Robert Morris. Ce lieu est devenu pour moi une ouverture sur un monde de possibilités. Je m’y rendais tous les mercredis et à l’occasion, j'assistais aux préparatifs des expositions des artistes. Enfant, j’étais un véritable virtuose et j’excellais dans mes études. Mais cela ne suffit pas pour devenir artiste. C’est plutôt quelque chose qui s’impose à vous et que l’on ne choisit pas vraiment. Plus tard, lorsque je suis devenu un jeune adulte, ma génération a été décimée par le sida, et avec la disparition de mes amis, j’ai réalisé combien la vie est précieuse. C’est dans cette période sombre que j’ai puisé la force d’être plus radical, moins dilettante, et de me consacrer totalement à l’art. C’est le seul point positif que je retiens de cette époque.

 

Quels sont, selon vous, les thèmes récurrents de votre œuvre ?

Bien que je sois sculpteur à la base, la dimension matérielle de mon œuvre s’inscrit dans une démarche plus vaste de transmission de messages sociopolitiques. Depuis quelques années, je m’efforce d'étudier la manière dont mon œuvre peut réenchanter le monde. À mes yeux, chaque pièce est un oxymore : la joie et l’espoir mêlés à la mélancolie.

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© Louis Vuitton

Venons-en à votre collaboration pour le sac Capucines.

J'ai abordé ce projet comme je l’aurais fait pour une œuvre architecturale, considérant le sac comme le modèle réduit d’un édifice. Ma version du sac Capucines évoque, selon moi, les étés tropéziens des années 50, le soleil et la nature. Je souhaitais lui instiller une dimension végétale, ce qui explique le choix du raphia, un matériau qui évoque la plage. La poignée est composée de mes emblématiques perles noires qui confèrent une dimension plus épurée et graphique au sac, tout en soulignant ses ambitions architecturales.

 

Quel regard portez-vous sur votre collaboration avec les artisans de Louis Vuitton ?

La collaboration avec des maîtres artisans fait partie intégrante de mon processus créatif, qu’il s’agisse de ferronniers d’art et de brodeurs français ou encore de verriers italiens de Murano. Mon travail avec les artisans de Louis Vuitton représente, à mes yeux, le luxe ultime : chaque détail témoigne d’une approche de haute précision, du choix des couleurs aux qualités tactiles en passant par la résistance des matériaux du sac. Je rêve d’avoir un studio fonctionnant sur le modèle des ateliers Louis Vuitton : les discussions, les myriades de possibilités à disposition et l’efficacité́ absolue. C’est un peu comme être un chef d’orchestre dirigeant des virtuoses de la musique.

 

Le sac Capucines est un objet nomade, ce qui signifie que votre œuvre sera exposée sur la place publique. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

Je m’efforce constamment d’éveiller l’intérêt en dehors des musées, ce qui explique que mes œuvres soient si souvent installées dans des espaces publics. Ces sacs restent fidèles à une idée collective, à un objet que tout un chacun peut appréhender. J’imagine ce sac baigné par la lumière du soleil, sur le siège d'une voiture appartenant à une personne espiègle, joyeuse et pleine de vie.

Chaque modèle de la collection Artycapucines est disponible en 200 exemplaires dans une sélection de magasins Louis Vuitton.
www.louisvuitton.com

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