Mode

Jeanne Damas, enceinte : "C’est un moment unique et magique"

Créatrice de mode à succès, entrepreneuse, muse et bientôt maman, la plus belle des Parisiennes ne cesse de nous inspirer.
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Blouse en dentelle, ROUJE. Soutien-gorge triangle et culotte taille haute en satin, ETAM.

Photographie par Denis Boulze
Stylisme par Vanessa Bellugeon

“Je trouve qu’on n’est pas assez au courant de cette force qui est en nous. On va donner la vie, et souvent on ne nous aide pas à l’envisager ainsi. On met en avant les douleurs et les peurs, alors que c’est aussi un moment unique et magique.” Jeanne Damas

Plus qu’une créatrice de mode, vous êtes une femme qui sait donner envie. Est-ce un don ou un travail à plein temps ?

J’ai très vite su instinctivement ce que j’aimais et ce qui m’allait. Plus jeune, j’ai beaucoup observé les clientes dans le restaurant de mes parents, je pouvais passer des heures à les regarder et imaginer ce qu’étaient leurs vies. J’étais assez solitaire et observatrice. C’est ce qui m’a aidée à me créer un œil et à faire ce qui allait être une grande partie de mon métier actuel : inventer des histoires avec des vêtements et des images. J’ai aussi commencé la photo assez jeune, en photographiant ma vie quotidienne, mes amies... c’était un peu un journal et je ne me rendais pas compte que j’étais en train de créer toute l’identité visuelle de ce qui allait être ma marque des années plus tard. 

 

Vous avez lancé Rouje en 2016, d’abord une marque de mode puis également de beauté et enfin un restaurant. Avez-vous d’autres projets ?

Je trouve ça très intéressant de jongler avec ses envies, de ne pas se limiter, de toujours se réinventer. Mon parcours s’est construit grâce à des rencontres. Il faut être ouvert aux autres, et faire confiance à son instinct, pour pouvoir créer. La mode est venue par passion, quant au restaurant, je ne pensais pas du tout en ouvrir un jour sachant que ce n’est pas un métier qui s’improvise. Mais en trouvant ce lieu rue Bachaumont, pour en faire une boutique, j’ai eu le fantasme de créer aussi un lieu vivant, fait de rencontres et de bonne bouffe, ma deuxième passion. Je me suis donc entourée d’amis dont c’était le métier. Cela donne de la chaleur et de la convivialité à la maison Rouje. 

 

Le succès de votre marque repose sur quelle équation ? 

Rouje est née d’une envie de réunir mes amies et de créer ensemble notre vestiaire rêvé, intemporel, où l’on voit la femme avant le vêtement, et qui s’adresse à toutes celles qui aiment jouer avec leur masculin-féminin.

Instagram est-il le meilleur allié de votre communication ?

Il représente un super allié de communication pour une marque qui se lance. Je l’ai compris le jour où on a lancé la première collection. On n’était pas sûrs du succès, on avait produit de petites quantités et en deux heures tout était sold out. C’est là que j’ai réalisé la force de ma communauté ! Aujourd’hui, cela nous permet de rester proches de nos clientes.

 

On lit souvent que vous êtes l’incarnation de la Parisienne. Mais c’est quoi une Parisienne en termes de mode, d’habitudes et de petits défauts ?

Je n’aime pas parler d’incarnation de la Parisienne, c’est assez réducteur et cliché. J’ai écrit un livre en 2016, À Paris, vingt portraits de femmes qui habitent Paris, pour casser ce stéréotype. Personnellement, en termes de mode, j’aime l’idée d’un uniforme signature, comme une bouche rouge ou un jean seconde peau, et jouer avec le masculin-féminin. Je me déplace à vélo et j’aime que cette ville soit à taille humaine. Pour les petits défauts, j’aime bien parler de la parfaite imperfection. C’est notre vision de la beauté chez Rouje, jouer avec ses différences, ses particularités plutôt que de vouloir les gommer. Le jour où on arrive à les accepter et qu’on prend confiance, cela nous rend encore plus belle car assumée !

 

Êtes-vous une femme engagée ? Et, si oui, quelle cause vous tient à cœur ?

Je suis sensible à la cause féminine. L’année dernière j’ai rencontré Ghada Hatem, gynécologue et fondatrice de La Maison des femmes de Saint-Denis, un lieu dédié aux femmes victimes de violences. J’ai eu envie de la soutenir avec une collaboration. J’ai fait appel à l’artiste Nina Koltchiskaia, qui a réalisé une capsule dont tous les bénéfices ont été reversés à cette association, et ce n’est qu’un début. Je cherche aussi à faire preuve de plus de transparence envers nos clientes. 95 % de notre production est réalisée en Europe ou pays limitrophes. Et je souhaite aussi améliorer notre démarche durable.

Vous allez bientôt devenir maman, cela a-t-il déjà changé votre vie et de quelle façon ?

Non cela n’a pas encore changé ma vie au quotidien. Pour l’instant, c’est un changement de l’intérieur : hormonal et physique évidemment, mais aussi très spirituel, je me sens ouverte à une dimension nouvelle assez incroyable. J’apprends plein de choses sur la puissance du corps et ce que nous, en tant que femmes, pouvons accomplir. Je trouve qu’on n’est pas assez au courant de cette force qui est en nous. On va donner la vie, et souvent on ne nous aide pas à l’envisager ainsi. On met en avant les douleurs et les peurs, alors que c’est aussi un moment unique et magique. Ensuite, je verrai comment concilier ma vie très active et ma vie de mère. J’ai l’impression qu’on fait beaucoup de plans quand on est enceinte et qu’on fait tout le contraire une fois qu’on est confrontée à la réalité... Je laisse donc mon instinct me guider comme je l’ai toujours fait ! Et je m’entoure de femmes bienveillantes pour partager et s’entraider dans ce moment décisif.

 

Pour quand est prévu l’heureux événement ?

Pour Noël ! Le plus précieux cadeau !

Hairstylist et Makeup Artist Giulia Cohen
Assitante styilisme Lily Gray

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