Art & Culture

Vestiville : comment le festival belge a reproduit le chaos du Fyre Festival ?

La Belgique tient-elle sont Fyre Festival ? Peut-être bien. Ce venredi 28 juin 2019, alors que devait débuter le festival Vestiville, ce dernier a été annulé à la dernière minute, tandis que des milliers de festivaliers étaient déjà présents sur les lieux. En cause ? Une sécurité douteuse, et des accommodations pas adaptées. Décryptage.
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© Instagram @vestiville

Sur le papier, la première édition du festival Vestiville avait tout pour plaire. Des villas VIP de luxe, des jardins et plages privés, un service de chambre, un fashion festival et surtout, un line-up hip-hop exceptionnel, avec des artistes de renom tels que Cardi B, A$AP Rocky, Future, Meek Mill, Migos, Ashanti, Ja Rule ou encore Lil Pump

Prévu sur trois jours (du 28 au 30 juin 2019), au même moment que le géant Rock Werchter (il fallait oser), installé à Lommel, et organisé par les fondateurs de Vestival, créé en 2013 aux Pays-Bas, le festival belge a finalement tourné au désastre ce vendredi 28 juin, alors que le bourgmestre de Lommel, Bob Nijs, a décidé de ne pas autoriser l’événement. Quelques heures plus tôt, A$AP Rocky annonçait dans un message posté via ses stories sur Instagram qu’il annulait sa venue, pour des raisons de sécurité. "Vestiville ! Je ne pourrai pas me produire aujourd’hui à cause de problèmes de sécurité et d’infrastructure. Les organisateurs m’ont dit que cela serait géré, mais malheureusement pour vous et moi, ce n’est pas le cas. Je veux donner à mes fans le meilleur spectacle de tous les temps mais, en raison de problèmes d’infrastructure, je ne pourrai pas me produire. Je vous aime tous", pouvait-on lire.

Alors que des milliers de festivaliers étaient déjà présents sur le site, arrivés à 14h, l’heure d’ouverture de l’événement, ce n’est que vers 17h que ces derniers, coincés à l’entrée, ont appris qu'il n’aurait finalement pas lieu. En pleine canicule et restés sans information sur la situation pendant 3h, les campeurs ont rapidement perdu patience, envoyant valser des bouteilles et gobelets sur les agents de sécurité, avant d’essayer de forcer les barrières.
 

Vestiville, le festival de l’arnaque ?

Les problèmes liés à la sécurité des chanteurs et des festivaliers ne sont d’ailleurs pas les seuls pointés du doigt. Sur place, avant que le bourgmestre ne prenne la décision de tout annuler, certains campeurs ayant déboursé de grosses sommes d’argent pour des villas de luxe, des jardins privés et des plages VIP, se sont retrouvés dans des zones vertes, à peine aménagées.

En janvier dernier, Le Moustique émettait déjà des doutes sur l’événement, rappelant que les responsables, relativement novices dans l’organisation de concerts, avaient, il y a 6 ans, laissé perplexe de nombreux professionnels du monde de la musique. Sur son site, le Vestival (de son ancien nom) renseignait des tournées qui n’avaient jamais eu lieu, des prix qui n’existaient pas et des éditions de Vestival à l’étranger qui n’avaient pas encore prévues. De quoi rappeler le cas du Fyre Festival et son organisateur Billy McFarland, condamné à six ans de prison pour escroquerie.

L’événement, qui devait mettre en valeur ce qui se fait de mieux en matière de musique urbaine, avait même l’audace de se présenter comme étant le "Tomorrowland du hip-hop." Finalement, le festival Vestiville s’est plutôt transformé en Fyre Festival belge.
 

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