Mode

Comment Diane Von Fürstenberg est-elle devenue une icône du féminisme dans la mode ?

Celle qui a introduit la wrap-dress et accompagné l’indépendance féminine par son style est aujourd’hui une légende vivante. Philanthrope, Diane von Fürstenberg soutient aussi les femmes avec les DVF Awards. Ambassadrice du musée de la Statue de la Liberté à New York, elle nous accorde une rencontre lors d’une halte parisienne.
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Avant-gardiste, visionnaire, entrepreneuse dans l’âme, Diane von Fürstenberg incarne l’american dream. Symbole de liberté et d’indépendance de la femme, l’incontournable wrap-dress s’est vendue à plus de dix millions d’exemplaires depuis son lancement en 1974. En 2012, le magazine Forbes la présente comme la femme la plus influente dans le monde de la mode. À la tête de la fondation The Diller – von Fürstenberg Family qui soutient des organisations caritatives dans des domaines comme l’art, l’environnement, les droits de l’homme ou l’éducation, la créatrice a également lancé les DVF Awards en 2010, qui récompensent avec une bourse annuelle de 50 000 dollars des femmes ayant fait avancer la cause des femmes. Récemment, sa marque new-yorkaise DVF a annoncé qu’elle allait abandonner la fourrure, un engagement qui marque le développement durable mis en œuvre par la griffe avec le soutien du Council of Fashion Designers of America.

Comment a débuté votre histoire avec la mode ?
Diane von Fürstenberg : Je ne voulais pas particulièrement travailler dans la mode. Je ne savais pas vraiment ce que j’allais faire mais je savais quel genre de femme je voulais être et quel genre de vie j’avais envie de mener. J’aspirais surtout à être indépendante. J’ai d’abord travaillé pour Albert Koski, le producteur français, j’étais son assistante. Il était à l’époque agent de photographes. J’ai connu Helmut Newton... Puis j’ai travaillé pour un industriel italien, Angelo Ferretti, qui avait une usine d’impression.

Quel compliment vous a le plus touchée ?
C’est une question qu’on ne m’a jamais posée... Je dirais que ce qui me fait toujours le plus plaisir finalement c’est d’inspirer et de donner confiance en soi.

Quels sont vos projets pour DVF ?
On est retourné au concept original. DVF ce sont de belles pièces pour toutes les circonstances. Pour une femme moderne qui veut travailler, sortir... C’est avant tout le côté pratique mais sophistiqué et joli. L’essentiel, avec toujours légèreté et humour.

Que représente la France pour vous ?
C’est là que j’ai eu mon premier rapport avec la mode. J’avais 9 ans, je prenais le train toute seule et j’allais rendre visite à ma tante qui avait une boutique rue La Boétie. Je l’aidais à plier les pulls. Sinon, pour moi, Paris c’est la ville littéraire, ce sont les bouquins... J’ai eu une maison d’édition à Paris par le passé. Paris, c’est aussi les amis.

Pourquoi vous êtes-vous engagée dans le projet du nouveau musée de la Statue de la Liberté à New York ?
C’est une longue histoire. Cela faisait longtemps qu’on voulait que j’intègre le board de la fondation qui s’occupe d’Ellis Island et de la Statue de la Liberté. Au début, je n’avais pas spécialement envie. J’ai lu beaucoup de livres sur l’histoire et j’ai pris connaissance du rôle de Victor Hugo, de Gustave Eiffel et de beaucoup d’autres qui étaient impliqués. C’est en faisant allusion à un de mes livres que le président de cette fondation m’a convaincue. Il a lu un passage où ma mère, qui a été déportée, m’a écrit ce mot : “Dieu m’a sauvée afin que je puisse te donner la vie. En te donnant la vie tu m’as rendu la mienne. Tu es mon flambeau de liberté.” J’ai finalement accepté et j’ai récolté plusieurs millions de dollars pour ce projet.

Que symbolise la Statue de la Liberté pour vous ?
Elle appartient à tout le monde, elle représente la liberté et la mère des exilés. Elle a selon moi un véritable pouvoir et son flambeau peut être vu comme une baguette magique.

Que renvoie la notion d’immigration pour vous ?
Elle rime avec tolérance. Mes parents sont des réfugiés. Moi-même, je suis une immigrée. Je suis une amoureuse de liberté et de tolérance.

Avez-vous toujours été philanthrope ?
La philanthropie vient avec l’âge. Ce qui me préoccupe le plus ce sont les femmes. J’ai lancé le DVF Awards il y a près de dix ans pour rendre hommage aux femmes qui ont fait preuve de leadership, de force et de courage dans leur domaine.

Quelle est votre devise ?
Fear is not an option. (La peur n’est pas une option, ndlr.)

Comment vous décrivez-vous ?
Guerrière, honnête, énergique, provocatrice, mère, grand-mère et amie.

Comment vous voyez-vous dans dix ans ?
J’espère être toujours là et j’espère monter une plateforme pour aider les femmes à se réaliser.

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