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Bottega Veneta : comment Daniel Lee a transformé la maison italienne ?

Directeur artistique de Bottega Veneta depuis un an, Daniel Lee n’a presque pas pris la parole. Pourtant, son travail intrigue et attire. Focus sur son parcours, ses inspirations et ses premières collections.
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Le nom de la saison

Inconnu du grand public et de la presse, Daniel Lee ne l’est pas des plus grandes maisons. Ce jeune Anglais, né à Bradford dans le Yorkshire, qui a étudié à la fameuse Central St Martins (promotion 2011) comme tout bon designer britannique qui se respecte, affiche, à seulement 33 ans, un CV impressionnant. S’y succèdent Martin Margiela, Balenciaga aux côtés de Nicolas Ghesquière et surtout Phoebe Philo chez Céline (de 2012 à 2018) dont il fût le directeur du prêt-à-porter.

Les prémices

Pour sa première collection prefall, il a pris ses marques avec des silhouettes minimales, des coupes trapèzes, des vestes en maille, des chemisiers en soie, des blazers stricts et des trenchs en cuir tressé, le tout coloré de noir, beige, camel électrisé de turquoise, orange et jaune presque fluo. Pas de flou mais une mode au cordeau sans être austère, avec l’idée d’une féminité assumée. Avec lui, Bottega Veneta n’a donc pas seulement changé de designer mais aussi d’identité. 

Le premier show

Pour ce défilé homme et femme, Daniel Lee a su mettre en avant l’ADN de la marque avec le cuir et son tissage intrecciato qu’il a revisité en format oversized. Une belle entrée en matière sur sa propre vision de l’héritage maison. La femme Bottega de cet automne-hiver est donc conquérante et forte, habillée de combinaisons de cuir, de trenchs droits, de jupes trapèze et de tops à encolure basculée, le tout accessoirisé, entre autres, du sac "The Sponge Pouch", emblématique pochette oversized de la maison, et des bottes motardes aux semelles à plates-formes démesurées, qui s’inscrivent tantôt en totale rupture avec les robes et les tenues les plus conservatrices, tantôt en complément de looks audacieux.

Un univers inspiré

Des influences de Daniel Lee, on en connaît certaines, comme l’Italie et sa culture, son sens de la famille et son goût du cinéma. Mais aussi une certaine idée de la sensualité et une vision de la beauté démocratique. Lorsqu’il fait référence à des personnalités, il évoque Monica Vitti, PJ Harvey, Stefano Pilati ou Gianni Agnelli. Et de nombreux artistes tels qu’Irving Penn, Helmut Newton, Rachel Whiteread, et surtout Ellsworth Kelly, peintre et sculpteur américain dont le style est apparenté au courant du Color Field Painting – de grandes étendues de couleurs brutes et unies qui créent des plans ininterrompus – et au minimalisme.

Résultat

La première collection de Daniel Lee qui a défilé pour Bottega Veneta a convaincu la presse comme les acheteurs. Depuis son arrivée, les ventes de prêt-à-porter ont triplé sur tous les marchés, ce qui n’empêche pas le designer de déclarer : “Cette saison, nous avons pris du recul et analysé ce qui avait fonctionné jusqu’à présent, ce qui était solide, mais aussi les domaines où je sens le besoin de nous améliorer.” On a donc hâte de voir la suite !

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