Mode

Antilope Lab : le label liégeois qui réinvente le wax à connaître absolument

Produit aux Pays-Bas, mais indissociable du patrimoine vestimentaire africain, le wax fait partie des tissus les plus populaires de l’industrie de la mode. En Belgique, la créatrice belgo-togolaise Sanhela Teky lui offre une nouvelle interprétation sous le prisme de son parcours personnel.
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© Antilope Lab

Des coupes simples et épurées qui laissent s’exprimer la richesse du wax, c’est ce que propose le label Antilope Lab, piloté par la créatrice belgo-togolaise Sanhela Teky. Déclinée en un studio de création, un atelier de confection et une boutique installée à Liège, la marque fait le pari d’une mode traditionnelle et moderne, travaillée selon une approche contemporaine, cool et éthique. À la clé ? Des combinaisons aux volumes revisités, des blazers oversized, des cache-cœurs sexys, des jupes fendues, des turbans et même une déclinaison lifestyle avec une ligne d’accessoires pour la maison, la nouveauté de cette saison. L’ensemble revisite l’imprimé à la sauce wax, évitant la caricature ou le premier degré. Et si elle parvient à twister l’allure du tissu, c’est que pour créer, la designer s’inspire de son héritage togolais, le Togo étant le premier pays africain à utiliser le wax comme outil de communication. Consciente de l’impact de l’industrie de la mode sur l’environnement, la marque met un point d’honneur à produire peu pour produire mieux, malgré une offre riche. Le label se concentre ainsi sur une production raisonnée, éthique et artisanale en petites séries, permettant un ancrage dans la saison en cours, mais aussi un service de confection sur-mesure.

Dessinées et produites à Liège, les créations Antilope Lab figurent parmi les incontournables mode de la cité ardente. Entrepreneuse, styliste et tailleuse, Sanhela Teky fait ainsi partie de cette nouvelle génération de créateurs, hissant la ville de Liège au rang de référence mode.

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© Antilope Lab

Itinéraire d’une identité multiple

Tissu hybride, le wax possède des identités multiples. Et c’est bien ce qui le rend si fascinant, car selon l’endroit où il sera porté, les individus pourront se positionner différemment. Originaire d’Indonésie, le wax doit son inspiration au batik indonésien, inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2009. Selon un procédé ancestral, les Javanais utilisent de la cire pour dessiner des motifs avant de teindre le tissu. La cire est ensuite enlevée à l’eau chaude, laissant apparaître le motif, d’où le nom de wax (cire en anglais). Mais c’est en Europe que son parcours s’est cristallisé. Au milieu du XIXe siècle, les Anglais et les Néerlandais ont commencé à copier les tissus batik sur fond d’appropriation culturelle, avant de s’inspirer de motifs africains pour vendre leur tissu en Afrique, via l’actuel Ghana. Comme ce tissu n’est pas lié à une population africaine particulière, tout le monde se l’approprie. Il devient alors un tissu panafricain et un outil de communication. Certains dessins seront ainsi utilisés spécifiquement pour les enterrements, les événements importants, ou pour faire passer des messages. Aujourd’hui, Sanhela Teky, à travers sa marque Antilope Lab, participe à cette communication multiple du wax, conjuguant son héritage togolais à son vécu belge.

 

Antilope Lab, boutique et atelier, Rue du Pont, 29, 4000 Liège
Antilopeboutique.be

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