Mode

13 créateurs célèbres qui ont étudié la mode en Belgique

De Martin Margiela jusqu’à Marine Serre en passant par Anthony Vaccarello, la Belgique fait office de véritable plaque tournante dans la fashion sphère. La preuve avec ces 13 créateurs qui y ont étudié la mode, le design ou l’architecture, faisant rayonner les écoles belges, devenues des références de choix pour percer dans le milieu.
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Anthony Vaccarello

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La passion de la mode, Anthony Vaccarallo ne l’a pas vécue pleinement tout de suite. Optant pour un choix de raison, il a d’abord étudié deux ans le droit qui lui vaudront rapidement "une dépression totale." Sur les conseils de sa mère, il tente ce qui le fait vraiment vibrer mais l’effraie aussi, le stylisme, et s’inscrit à La Cambre en 2001. Aujourd’hui directeur artistique de Saint Laurent, le couturier en est sorti diplômé en 2006, option sculpture. La même année, le Belge obtient le Grand Prix de Mode et de Photographie du Festival de Hyères et débute sa carrière en travaillant sur les fourrures Fendi avec un mentor prestigieux : Karl Lagerfeld. Pour exprimer sa propre vision, il créera sa marque en 2009. Trois ans plus tard, il gagne le prix de l'ANDAM récompensant les jeunes créateurs.

Une première collaboration fructueuse poussera finalement Donatella Versace à le nommer directeur artistique de la ligne Versus en 2015. Mais c’est en avril 2016, qu’Anthony Vaccarello décroche le graal : il remplace Hedi Slimane à la direction artistique de Saint Laurent.

Marine Serre

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Fille d'un contrôleur de la SNCF, elle est, adolescente, un espoir du tennis, mais elle échoue aux pré-sélections du tournoi de Roland-Garros. C’est à ce moment que la Française se découvre alors un intérêt pour la mode. Elle poursuit alors par une formation approfondie au lycée professionnel La Calade à Marseille, puis, étudiera la mode à La Cambre à Bruxelles. Diplômée avec tous les honneurs, elle effectuera ses stages dans des maisons bien connues. Le premier est chez Alexander McQueen. Lorsqu'elle y travaille, le créateur britannique, qu'elle a eu au téléphone et qui lui a donné envie de poursuivre vers ce métier, vient de mourir, laissant une équipe londonienne meurtrie. Puis, elle effectue d'autres stages, notamment chez Dior, et chez Margiela. Diplômée en 2016, elle retient vite l'attention, renforcée par l'attribution en 2017 du prix des jeunes créateurs LVMH, qui lui est remis des mains de nulle autre que Rihanna.

Marine Serre deviendra ensuite designer stagiaire chez Balenciaga, tout en développant aussi ses propres collections, mettant à profit le montant du prix du jeune créateur LVMH, 300 000 euros. Pour ses collections personnelles, elle fera du logo en croissant de lune sa signature, et opte pour un style radical : t-shirts microscopiques, robes imperméables transparentes, combinaisons intégrales en seconde peau, etc. Ses créations évoquent également l'univers du sportswear et pratiquent également l'upcycling.

Demna Gvasalia

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Après des études de finance, Demna Gvasalia, créateur géorgien à la tête de Vetements et Balenciaga, renonce à devenir banquier pour s'installer en Belgique et y obtenir le diplôme du master de mode masculine à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers.

En 2009, c’est chez Maison Margiela à Paris, qu’il débute sa carrière. Il enchaîne sur un poste chez Louis Vuitton, et le quitte en 2014 pour démarrer sa marque Vetements. Ensuite, il sera finalement sollicité par le groupe de luxe Kering et deviendra le directeur artistique de Balenciaga en 2015.

Raf Simons 

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Contrairement aux précédents, Raf Simons n’est pas issu d’une grande école de mode belge. Suivant une formation d'architecte, le couturier a été diplômé en 1991 de l'école de Genk en design industriel. Mais c’est à la suite d’un défilé de Martin Margiela auquel il assiste qu’il trouvera sa "vocation à cet instant précis" pour devenir designer en 1995, avec un style défini comme "minimaliste", "architectural", ou "épuré."

Avec des inspirations puisées dans les domaines de la musique ou de l’art, le créateur tente de rendre compte d’une humeur, un sentiment, une attitude spécifique. C’est en 2000 qu'il entrera réellement dans la fashion sphère, en devenant directeur artistique de la marque allemande Jil Sander. Puis, en 2012, la consécration : après quinze mois de recherche d'un grand couturier par la maison Dior, il succède à John Galliano, évincé en mars 2011, comme responsable de la "haute couture, du prêt-à-porter et des accessoires féminins", tout en continuant à travailler sur sa propre marque. En 2016, après avoir quitté Dior, il est à la tête de Calvin Klein et lance la ligne haut de gamme Calvin Klein 205W39NYC. Mais en mars 2019, le créateur quitte son poste et se concentre sur des collaborations, notamment avec la marque Templa.

Glenn Martens 

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Aujourd’hui à la tête du label avant-gardiste Y/Project, adulé par Rihanna ou Marion Cotillard, Glenn Martens a fait ses études à Bruges dans une école d’architecture. Après avoir fondé sa propre marque, travaillé chez Jean-Paul Gaultier ou encore avec le créateur Bruno Pieters, le Belge a repris la direction artistique de Y/Project en 2014, après le décès de son fondateur Yohan Serfaty, dont il a été l’assistant. Au bord de la banqueroute à l’époque, la marque parisienne est passée de 5 à 25 employés, de 12 à 160 points de ventes à travers le monde et enregistre une croissance de 20 à 30% par saison. En juin 2017, Y/Project remportait ainsi le Grand Prix de l’ANDAM et empochait 250 000 euros pour aider au développement de la marque. Dans la foulée, Glenn Martens entrait dans le classement des 500 professionnels qui façonnent l’industrie de la mode d’aujourd’hui selon le média spécialisé Business of Fashion, il dessine une collection en son nom pour Diesel, est choisi par le salon professionnel du Pitti Uomo en tant qu’invité spécial et succède à des grands noms comme Raf Simons ou Virgil Abloh. Bref, ce jeune homme de 35 ans est un phénomène qui marche dans les pas d’autres grands noms de la création belge.

Dries Van Noten 

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Né au sein d’une famille de tailleur en 1958, Dries Van Noten a toujours baigné dans la mode. En 1981, il est diplômé de l’Académie royale des beaux-arts d'Anvers, et part à Londres cinq ans plus tard pour présenter sa première collection, avec cinq autres de ses camardes : Ann Demeulemeester, Marina Yee, Walter Van Beirendonck, Dirk Van Saene et Dirk Bikkembergs. Il entre alors dans la légende des "Six d'Anvers." Très vite, de nombreux acheteurs du monde entier comme Barneys à New York ou bien Whistler Whistles à Londres s'arrachent ses créations. À partir du milieu des années 1990, il crée également les costumes de quelques ballets de la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker dont ceux de Just Before (1997), Drumming (1998), Rain (2001 et 2011 lors de l'entrée de la pièce au répertoire du ballet de l'Opéra de Paris), et Steve Reich Evening (2007).

En 2009, il reçoit le prix international du Conseil des créateurs de mode américains, avant de présider, un an plus tard, le prestigieux festival de Hyères, qui récompense chaque année un jeune styliste, avec ses cinq associés.

Kris Van Assche 

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Originaire de Londerzeel, Kris Van Assche a également fait un passage par l’Académie royale des beaux-arts d'Anvers. Après avoir été premier assistant chez Yves Saint Laurent, puis Dior Homme, il ouvre la maison KRISVANASSCHE en septembre 2004 et présente sa première collection en janvier 2005. Deux ans plus tard, il est nommé directeur artistique de Dior Homme. Des collaborations régulières pour sa propre marque, notamment avec Eastpak et Lee, ont contribué à accroitre sa notoriété auprès du grand public.

Le designer fera également l’objet de plusieurs expositions saluées, dans le cadre du Pitti Immagine, où il présente "Désiré", une installation sur les thèmes de l’élégance, de la poésie et de la modernité. L’œuvre prend la forme de 100 chapeaux suspendus réalisés par Maison Michel et de 100 bras articulés offrant un mouchoir brodé créait une atmosphère ludique et surréaliste. En 2009, il présente son projet "Picaflor" dans le cadre du Festival international de mode et de photographie de Hyères, qu’il préside. En avril 2018, trois ans après l’arrêt de sa marque, il est nommé directeur artistique de Berluti. Il succède à Haider Ackermann, qui occupait ce poste depuis septembre 2016.

Haider Ackermann 

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Adopté à l'âge de 9 mois par une famille française alsacienne dont le père est cartographe, Haider Ackermann a passé son enfance dans plusieurs pays d'Afrique (Éthiopie, Tchad et Algérie) et en France avant que la famille ne s'installe aux Pays-Bas. Marqué à treize ans par la découverte du travail d'Yves Saint Laurent, il arrive en Belgique en 1994 pour suivre, durant trois ans, des cours de stylisme à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers. Après cinq mois de stage chez John Galliano, il travaille comme assistant pour un de ses professeurs, le créateur belge Wim Neels. Les années suivantes, il intègre différentes marques, notamment Bernhard Willhelm, Patrick Van Ommeslaeghe avant de rejoindre Mayerline comme styliste.

En 2001, avec l'aide de Raf Simons, il crée sa propre marque et présente sa première collection féminine à Paris, lors de la Fashion Week. La collection 2002 attire l'attention de la maison Ruffo, spécialiste du vêtement de cuir haut de gamme, qui l'engage pour diriger les collections printemps-été et automne-hiver 2003 pour Ruffo Research. Deux ans plus tard, il signe avec le groupe belge bvba 32 qui produit et diffuse des stylistes - où ses créations croisent celles de Ann Demeulemeester qui l'a souvent soutenu - et installe son atelier à Paris. Poursuivant sa carrière avec sa propre griffe féminine, il propose une unique collection pour hommes en 2010, dans une démarche créative destinée à souligner la collection pour femmes. Reconnu par ses pairs, en 2011 il compte parmi les stylistes pressentis pour succéder à John Galliano chez Dior, après avoir décliné la proposition de succession de Martin Margiela et que Karl Lagerfeld ait déclaré voir en lui la personne idéale pour lui succéder chez Chanel, certains commentateurs voyant en lui un "nouveau Yves Saint Laurent." Mais en septembre 2016, il se voit finalement confier par la maison Berluti la succession d'Alessandro Sartori à la tête de la direction artistique à laquelle il reste jusqu'en avril 2018, remplacé par Kris Van Assche.

Ann Demeulemeester 

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Il n’a pas fallu longtemps à Ann Demeulemeester pour sortir du lot. Après avoir étudié à l’Académie royale d’Anvers de 1978 à 1981, elle remporte un an plus tard le prix de la Canette d’Or (un prix attribué chaque année au jeune créateur le plus prometteur) et commence à présenter son travail dès 1985 avec sa marque éponyme. Avec les Six d’Anvers, la créatrice présente sa première collection internationale à Londres en 1986, puis, sa première collection parisienne et sa société en 1987.

En 2006, elle sera à la tête de près de 200 boutiques un peu partout dans le monde, dont aux États-Unis où elles représentent 35 % de son chiffre d'affaires. En 2013, elle quitte la maison qui porte son nom et choisit le styliste français Sébastien Meunier pour lui succéder. En 2016, elle recevra le titre de Docteur Honoris Causa de l'Université Libre de Bruxelles.

Cédric Charlier

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Avec ses silhouettes à la fois graphiques et souples, Cédric Charlier esquisse une nouvelle élégance. Né le 5 avril 1978 en Belgique, il étudie à l’école des Arts visuels de La Cambre à Bruxelles. En 1998, il remporte le prix mode de Moët Hennessy puis intègre la maison Céline, alors dirigée par Michael Kors. Il y travaillera pendant deux ans avant de rejoindre le studio de Jean Paul Knott. Deux ans plus tard, il signe chez Lanvin et travaille auprès d’Alber Elbaz pendant six ans. En 2009, Jean Bousquet, le fondateur de Cacharel, le remarque et le nomme directeur artistique du prêt-à-porter de sa maison. Cédric Charlier redynamise l’image de cette dernière dès sa collection printemps-été 2010. Au bout de quatre saisons, il quitte Cacharel.

Il lance la griffe à son nom sur les podiums parisiens en février 2012. La sophistication de ses tenues engendrée par une certaine maîtrise de la coupe séduit d’emblée la presse et les acheteurs.

Olivier Theyskens 

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Adulé par Nicole Kidman, Cate Blanchett, Reese Witherspoon, Emma Watson, Diane Kruger, Jennifer Aniston ou Kirsten Dunst, Olivier Theyskens nait à Bruxelles en 1977 d'un père belge ingénieur en chimie et d'une mère française. En 1994, il étudie la mode à École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre mais arrête ses études au bout de deux ans pour lancer sa propre marque de prêt-à-porter. Son nom deviendra alors célèbre en 1998 lorsque Madonna, après avoir vu les photographies de sa première collection, choisit de porter l'une de ses robes en satin noir à l’occasion de la cérémonie des Oscars. La même année, il présente son premier défilé à Paris. Les vêtements sont uniquement destinés à être montrés car il n'a alors pas les moyens de prendre des commandes et de produire la collection. En 2000, Olivier Theyskens gagne le prix Venus de la Mode.

Deux ans plus tard, il devient le directeur artistique de la maison Rochas pour laquelle crée et insuffle un nouveau style élégant qui redéfinit l'image de Rochas et attire une nouvelle clientèle. Il reçoit le prix du meilleur Designer de Mode International lors de la 22ème Nuit des Stars du Fashion Group International en 2005 et le CFDA International Award en 2006. Plus tard, Olivier Theyskens devient directeur artistique de Nina Ricci, succédant à Lars Nilsson. Sous sa direction, le nouveau concept de la boutique Nina Ricci de l'Avenue Montaigne à Paris est inauguré et ses créations sont portées sur le tapis rouge par des stars comme Reese Witherspoon et Sarah Jessica Parker. Son contrat avec Nina Ricci prend fin en 2009. En 2010, il rejoint finalement Theory en tant que directeur artistique et crée la marque Theyskens' Theory. Après une ultime collection réalisée en 2015, le créateur quittera Theory pour se consacrer à d'autres projets de création.

Martin Margiela 

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C’est en 1974 que Martin Margiela, né à Louvain en 1957, entre à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers, en même temps que Walter Van Beirendonck, Ann Demeulemeester et Dries Van Noten qui formeront les Six d'Anvers avec Dirk Bikkembergs, Dirk Van Saene et Marina Yee. En 1984, il travaille avec Jean Paul Gaultier jusqu'au lancement de sa propre marque en 1988. Sa particularité ? Il est l'un des créateurs les plus secrets du monde de la mode. Il ne se laisse jamais photographier et ne donne aucune interview directement. Il ne s'exprime jamais en son nom propre mais toujours au nom du collectif que constitue son entreprise. Le logo de sa marque, totalement anonyme, est à l'image du créateur. Considéré comme l'un des plus atypiques et les plus avant-gardistes de sa génération, le Belge fonde en 1988 avec Jenny Meirens sa propre marque, Maison Martin Margiela. En 1989, il est lauréat de l'ANDAM. Sa mode entre alors au musée en 1991 : le palais Galliera, à Paris, présente son univers avec ceux de ses aînés Jean-Paul Gaultier, Jean-Charles de Castelbajac, ainsi que l'espagnole Sybilla. En 2008, c'est au tour du musée d'Anvers de célébrer, à travers une rétrospective plus classique, les vingt ans de création de la Maison Martin Margiela.

D'octobre 1997 à 2003, Martin Margiela est le directeur artistique des collections de prêt-à-porter femme d'Hermès. Sous sa direction, la marque a connu une croissance remarquable - plus de 20 % certaines années. Il sera prochainement à l’honneur d’un documentaire exclusif, Margiela In His Own Words, et pour lequel il s’est exprimé et investi pour la toute première fois.

Julien Dossena 

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Il a grandi dans la commune du Pouldu en Bretagne, mais aussi à Berlin et dans le Sud de la France. Diplômé de l’École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris, puis de l’école de La Cambre, Julien Dossena rejoint aussitôt le studio défilé de la maison Balenciaga comme senior designer, aux côtés de Nicolas Ghesquière. Il y reste jusqu’au départ de ce dernier en 2012, et lance alors sa propre marque de prêt-à-porter, Atto. Encore étudiant, il reçoit le prix spécial du jury et le prix 1.2.3 au Festival international de la mode de Hyères en 2006.

En juillet 2013, il est nommé Directeur artistique de la maison Paco Rabanne, où il renouvèle le prêt-à-porter féminin, qui s’essoufflait depuis le départ du fondateur en 1999 et avait été mise en sommeil par le propriétaire, Puig, depuis plus de dix ans. Dès son premier défilé pour la maison en septembre 2013, les observateurs voient en lui la nouvelle étoile montante de la mode. En 2016, il est nommé Président du jury Mode de la 31ème édition du Festival de Hyères.

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