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Felipe Oliveira Baptista fait ses débuts chez Kenzo

Pour son premier défilé automne-hiver pour la Maison Kenzo, le designer Felipe Oliveira Baptista nous plonge dans un univers de nature et d'aventure.
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L'histoire : Tout d’abord, le récit d'un premier voyage, initiatique. Celui de Kenzo Takada, l’esprit fondateur de la Maison Kenzo. À l'origine, le jeune Japonais veut découvrir la France, un pays qui se présente pour lui comme la promesse de tous les possibles. Il s’embarque sur un bateau pour une traversée de plusieurs semaines, sans rien savoir de Paris. La ville est pour lui synonyme de rêve puisqu'il s'agit du territoire noble de la Haute Couture. Kenzo Takeda ne parle pas français, mais il connaît un langage plus universel encore : celui des couleurs. Il allie sa poésie asiatique à la rigueur des coupes européennes, perçoit le dialecte de la nature et le vocabulaire des fleurs. De là, la légende naît.

La collection : Via le prisme de ce beau conte, Felipe Oliveira Baptista raconte lui aussi une vision nouvelle de la Maison Kenzo. Un voyage à travers le style, ou l’aller-retour d’un créateur à l’autre. S’y mêlent deux personnalités où les points communs deviennent des angles de convergence vestimentaire. La culture unit ce dialogue qui trouve ses attaches dans Paris, capitale fantasmée de la mode auprès des deux créateurs. S’y mêlent également les évocations d’un Japon rêvé. Les voyages s’entrelacent. Pour cette première collection automne-hiver 2020-2021 de Felipe Oliveira Baptista pour la Maison, le directeur artistique invite à se (re)découvrir en se laissant embarquer au cours d'une douce aventure. Le vestiaire qu'il décline révèle un esprit nomade pour ces promeneurs du monde, protégés dans leurs vêtements maisons. Ce côté baroudeur s'allie avec subtilité à une élégance urbaine qui se transforme et se transmute. Des manteaux réversibles entre l’uni et l’imprimé. Des parkas qui se déploient comme des ailes. Des doudounes qui deviennent des sacs de couchage. Les robes accompagnent la démarche, tels des écrins légers qui s’amplifient, et sont structurées par des armatures zippées. Les couleurs, quant à elles, empruntent leur palette à la nature : enluminées parfois par des imprimés camouflages qui sont en fait des trompe-l’œil de roses, ou d'animaux. Une gamme organique qui se révèle tel un tableau unique sur chaque passage. L'emblématique tigre Kenzo se décline lui aussi en autant de variations graphiques : du plus épuré, minimaliste, au plus alambiqué. Le tout pour réinventer l'ADN de la maison avec une contemporanéité des plus délicieuses. Enfin, l’amplitude des coupes, plus ou moins acérées, raconte le dynamisme de ce vestiaire et leur silhouette longiligne. La superposition des matières ajoute en énergie. La Maison Kenzo, à travers cette collection du commencement, célèbre les flâneurs de la vie.

L'ambiance : La structure tubulaire transparente qui compose le set du show est lui aussi conçu comme un objet nomade modulaire. Quand on y pénètre, l'univers sonore et l'environnement ambiant plonge ailleurs. Nous ne sommes plus en plein cœur du 5e arrondissement de Paris, mais nous suivons le voyage auquel le directeur artistique veut bien nous convier. Cette bulle transparente est tel un cocon, réconfortant, feutré, pur, dénué de ornement futile. Forte de ses engagements, la Maison de prêt-à-porter indique que cette structure hors norme est éco-responsable et voyagera, elle aussi, à sa façon. En effet, celle-ci reviendra sous d’autres formes lors d’événements pour les prochaines saisons, tels des pop-up stores ou présentations. En somme, l’ensemble qui pourra se transformer en de nouveaux objets sera recyclé. Un autre type de pérégrination, celui d'un décor à l'image de la collection qu'il abrite.

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